Les 40 Jours de Rick Warren
- Un Vie Motivée Par les Erreurs Essentielles
Préface
Le traitement du livreUne Vie Motivée par l’Essentiel part du point de vue biblique. Le Seigneur Jésus leur (Ses disciples) répondit
« Prenez garde que personne ne vous séduise. Plusieurs faux prophètes s’élèveront et ils séduiront beaucoup de gens. »
(Matthieu 24.4,11)
« Bien aimés, n‘ajoutez pas foi à tout esprit ; mais éprouvez les esprits pour savoir s’ils sont de Dieu, car plusieurs faux prophètes sont venus dans le monde. »
(1 Jean 4.1)
En parlant des chrétiens de Bérée, l’apôtre Paul dit :
« Ces Juifs avaient des sentiments plus nobles que ceux de Thessalonique; ils reçurent la parole avec beaucoup d’empressement, et ils examinaient chaque jour les Ecritures pour voir si ce qu’on leur disait était exact. »
(Actes 17.11)
Ils ne se permettaient pas d’être trompés. Nous suivons l’exemple du Seigneur Jésus de qui on disait :
« Maître, nous savons que tu es vrai, et que tu enseignes la voie de Dieu selon la vérité, sans t’inquiéter de personne, car tu ne regardes pas l’apparence des hommes. »
(Matthieu 22.16)
Dans cette étude, la critique ne se dirige pas contre une personne (que nous respectons en tant que telle), mais contre des énoncés qui ne supportent pas le test de la critique.
Evangélique et néo-évangélique
En 1947 le Fuller Theological Séminaire fut établi en Californie pour la formation de pasteurs évangéliques conservateurs. Pour se distinguer d’autres évangéliques, un des fondateurs du séminaire, Harold Lindsell, introduisit le terme « néo-évangélique. » A partir du moment où ce nom s’est approprié une place reconnue sur la carte ecclésiastique américaine, l’ajout « néo » fut aboli. Chaque fois qu’un étudiant de ce séminaire transgressait l’ordre de ne pas se servir de la nomenclature « néo » , il était pénalisé de 5 dollars.
A partir de 1947 une longue série de changements s’opéra dans la pensée des professeurs du Fuller Séminaire. Il s’instaura le quartier général de la soi-disante Troisième Vague du Saint Esprit du mouvement charismatique de John Wimber. Celui-ci y enseigna le cours « Signes et miracles. » Après 4 ans, pour raison de controverse, le cours fut interrompu. L’un des fruits de ce mouvement charismatique fut la soi-disante bénédiction de Toronto. A partir du Canada, cette bénédiction atterrit dans l’église anglicane charismatique de Holy Trinity Brompton de Londres. De cette église se répandit mondialement le cours Alpha, qui inclut le Saint-Esprit-week-end avec le soi-disant baptême du Saint-Esprit. Parmi les noms renommés du Fuller Séminaire figurent C. Peter Wagner, pentecôtiste et professeur en mission, ainsi que le pasteur pentecôtiste de la Corée du Sud, David Yonggi Cho. Rick Warren, lui aussi, fit ses études au Fuller Séminaire.
La différence entre évangéliques et néo-évangéliques réside dans le fait que les premiers tiennent à l’inspiration, à l’autorité et à la suffisance des Ecritures Saintes. Suffisance signifie qu’en-dehors des Ecritures Saintes, il n’existe aucune nécessité de signes et de miracles pour confirmer la Parole de Dieu. L’évolution théiste et la séparation philosophique entre la Parole de Dieu et les Ecritures, comme pratiquées par les néo-évangéliques, sont rejetées.
Alliance évangélique
En 1846, l’Alliance Evangélique fut fondée à Londres dans la présence de presque 1000 délégués des Etats-Unis et de l’Europe. Ils représentaient plus de 50 dénominations et œuvres évangéliques ayant voté la déclaration de foi. L’article 1 de cette déclaration formula l’inspiration, l’autorité et la suffisance des Saintes Ecritures. En 1951, la suffisance de la Parole fut écartée de la déclaration. En 1996, avec la déclaration de Bournemouth (Angleterre), la suffisance fut à nouveau réintroduite. Après de multiples recherches poussées, ni pour la suppression de 1951, ni pour la réinsertion de la suffisance dans la déclaration de foi en 1996, aucune explication ne put être obtenue.
Les conséquences
Dans les mouvements de pentecôte et charismatique, on attribue beaucoup d’importance aux miracles, signes et expériences. C’est ici que se présente la confusion actuelle. Aujourd’hui pratiquement tout est considéré comme « évangélique. » Autrement, très peu de personnes ont entendu parler de néo-évangélique. On ne parvient plus à distinguer évangélique de pentecôtiste et charismatique. Dans sa dissertation The Latter Rain, Naissance et Croissance du Mouvement Pentecôtiste aux Pays Bas 1907-1930 à Birmingham, le théologien pentecôtiste P. van der Laan, explique la différence entre évangélique et néo-évangélique. Van der Laan dit : « Les croyants pentecôtistes ont quelque chose de plus. » Toutefois, dans la ligne de la Réforme (1517), les chrétiens évangéliques croient que la nouvelle naissance et le baptême du Saint-Esprit sont deux aspects simultanés et inséparables du même fait du salut, scellé par le Saint-Esprit. Les chrétiens évangéliques rejettent l’idée pentecôtiste et charismatique d’un surplus de baptême du Saint-Esprit, comme expérience (spectaculaire) séparée de et après la conversion. C’est ici que se trouve la source de la confusion qui divise tant les chrétiens.
Une plus ample source d’information sur le début et la progression du changement dans la pensée évangélique, est le livre Reforming Fundamentalism Fulller Seminary and the New Evangelicalism de George M. Marsden, (Grand Rapids, Mi. : William B. Eerdmans Publishing Company, 1995, 319 pages.) (La Réformation du Fondamentalisme et le Nouveau Evangélicalisme) Pour une bonne compréhension des développements tumultueux des 50 dernières années, la connaissance de l’histoire, qui précède la présente étude, est indispensable.
Analphabétisme biblique
Le Groupe Barna est un organisme américain spécialisé dans les recherches des développements dans le mouvement évangélique.
Dans un rapport au sujet de l’analphabétisme biblique, il constate que les nombreuses tactiques de marketing et de stratégies psychosociales utilisées, a rendu les églises vulnérables. En utilisant des termes théologiques et des promesses bibliques, le peuple de Dieu est dérouté. Derrière l’image largement et purement chrétienne de Saddleback, se cache un plan pour une reconstruction mondiale et sociale qui se laisse à peine imaginer.
La technologie employée
La technologie d’information destinée à aider les chrétiens dans le développement de leurs dons spirituels pour les préparer au ministère, n’est pas naturelle. Elle s’adapte parfaitement à la compréhension sociale de ses conducteurs et simplificateurs dans et en dehors de l’Eglise, et représente un fardeau1.
L’Eglise
L’Eglise de Christ est un organisme vivant et non pas une organisation. Pour Elle, d’autres lois s’appliquent que celles qui sont courantes dans la société. L’Eglise se trouve dans un combat spirituel. L’apôtre Paul écrit :
« Car nous n’avons pas à lutter contre la chair et le sang, mais contre les dominations, contre les autorités, contre les princes de ce monde de ténèbres, contre les esprits méchants dans les lieux célestes. C’est pourquoi, prenez toutes les armes de Dieu, afin de pouvoir résister dans le mauvais jour, et tenir ferme après avoir tout surmonté. »
(Ephésiens 6.12-13)
Le combat spirituel dans l’Eglise de Christ ne se fait pas avec les armes d’invention humaine comme la psychologie ou les méthodes de management, mais avec les armes de l’Esprit, de la Parole et de la prière.
Le livre
Le livre L’Eglise : une passion, une vision représente trois catégories de textes. Dans l’ensemble de ce livre, on trouve des explications de textes qui sont bibliques. A leur sujet, il n’y a évidemment pas de commentaire à donner dans cette étude. Dans d’autres textes, l’explication est controversée ou non biblique et par suite inacceptable. Bien que non exhaustivement, un certain nombre de ces derniers seront considérés de plus près.
Il faut observer qu’il existe une différence entre le texte original anglais et la traduction en français. Le texte original anglais n’est souvent pas basé sur des traductions bibliques autorisées mais sur des paraphrases. L’auteur se sert de ces paraphrases, qui mieux que d’autres, se conforment à son opinion. Les textes de controverse se trouvent dans
| Noms | Nombres (%) |
|---|---|
| Total | 361 fois (36%) |
| The Message | 100 fois (10%) |
| New Century Version | 57 fois (6%) |
| New Living Translation | 140 fois (14%) |
| Living Bible | 64 fois (6½%) |
De 1000 références bibliques utilisées dans l’original anglais sont discutables ou doivent être rejetées.
Traduction, version et paraphrases
Quelle est la différence entre une traduction et une paraphrase ? La traduction regarde l’original hébreu et grec et pose la question : « Qu’est-ce qu’il dit ? » Le traducteur qui produit une paraphrase, regarde les langues originales et pose la question : « Qu’est ce que cela veut dire ? » On pourrait penser qu’il n’y pas beaucoup de différence entre ces deux questions, mais elle existe. Et cette différence peut produire différentes réponses. Le danger d’une paraphrase réside dans le fait qu’elle ne traduit pas toujours l’original avec exactitude. Inévitablement « qu’est ce que cela peut dire ? » devient « qu’est ce que je pense que cela veut dire ? » Ainsi des mots et idées, qui ne se trouvent pas dans l’original, sont ajoutés. La Living Bible est coupable de ce phénomène en maints endroits2. La traduction en français représente 6 versions différentes. Cela implique qu’en contraste, pour ne pas dire contrairement à l’anglais, les textes français peuvent être fidèles aux textes bibliques originaux. Ce phénomène, qui a déjà été observé dans la traduction du texte en néerlandais, cache des controverses avec l’original biblique qui se trouvent dans l’original anglais. Dans une mesure importante, le texte anglais se cache derrière un rideau de fumée et rend le problème invisible pour le lecteur français.
Les “Quarante Jours”
warren
« David a été transformé par le défi que Goliath a lancé pendant 40 jours. »
Commentaire
Dans le chapitre “Découvrir l’Essentiel” (page 10), se trouve un énoncé étonnant pour ne pas dire faux. L’auteur veut prouver l’importance des périodes de 40 jours pour les serviteurs de Dieu.
Goliath n’a pas lancé le défi à David, mais à l’armée d’Israël. David n’était pas soldat mais venait visiter ses frères sous les drapeaux. En 1 Samuel 17.8 et suivants,
« le Philistin (Goliath) s’arrêta, et, s’adressant aux troupes d’Israël rangées en bataille, il leur cria : Pourquoi sortez-vous pour vous ranger en bataille ? Ne suis-je pas le Philistin, et n’êtes-vous pas des esclaves de Saül ? Choisissez un homme qui descende contre moi. » (…) Le Philistin dit encore : Je jette en ce jour un défi à l’armée d’Israël ! Donnez-moi un homme, et nous nous battrons ensemble. (…) Le Philistin s’avançait matin et soir, et il se présenta pendant 40 jours. »
Mais pendant cette période, David n’était pas là ! L’utilisation de ces textes pour faire soutenir la thèse des 40 jours est abusive.
Mon engagement
A la page 13, au paragraphe « Mon Engagement » , le participant est invité à signer son engagement personnel en entrant dans une période de 40 jours proposée dans le livre. Dans le texte original anglais il est question d’un « Covenant. » La traduction correcte de « Covenant » est une alliance qui ne peut être abolie. La Bible dit :
« Mais Moi, Je vous dis de ne jurer aucunement, ni par le ciel, parce que c’est le trône de Dieu ; ni par la terre, parce que c’est son marchepied, ni par Jérusalem, parce que c’est la ville du grand roi. Ne jure pas non plus par ta tête, car tu ne peux rendre blanc ou noir un seul cheveu. Que votre parole soit oui, oui, non, non ; ce qu’on y ajoute vient du malin. »
(Matthieu 5.34-37)
Et,
« avant toutes choses, mes frères, ne jurez ni par le ciel, ni par la terre, ni par aucun autre serment. Mais que votre oui soi oui, et que votre non soit non, afin que vous ne tombiez pas sous le jugement. »
(Jacques 5:12)
En plus, le lecteur a besoin de 40 jours pour apprendre le contenu du livre. Avant qu’il ne sache ce qu’on lui demandera, il est tenu de signer son engagement.
Ce n’est qu’au 21e jour qu’il saura où il en est. Or tout engagement n’est signé qu’après la déclaration d’accord du signataire, non pas au préalable. Personne ne signe un chèque en blanc.
Jour 1
Warren
« Car c’est en Lui qu’ont été créés toutes choses dans les cieux comme sur la terre, les visibles et les invisibles. » (Colossiens 1 :16)
Commentaire
Le texte anglais dit : « For everything, absolutely everything : above and below…” Cette référence vient de la paraphrase The Message, une version non-autorisée. La version française évite le problème de above = en haut, et below = en bas, une formule qui se situe parfaitement dans la pensée du Nouvel Age (New Age), un large mouvement pratiquement inconnu parmi les chrétiens évangéliques. Dans la pensée du Nouvel Age, en haut et en bas véhiculent l’idée que ce qui est dans les cieux et ce qui est sur la terre sont la même chose ; ils ne forment qu’un seul. Ainsi Dieu et l’homme sont identiques ; c’est la pensée philosophique du panthéisme. Le devoir pastoral exigé d’un responsable spirituel sera de veiller à éviter une formule tellement proche d’une philosophie non-chrétienne. Les termes à double sens risquent de confondre facilement la compréhension des croyants et mènent à la séduction.
Jour 2
Warren
« Voici ce que je te déclare, moi le Seigneur qui t’ai fait, qui t’ai formé dès avant ta naissance » (Esaïe 44.2a) et « Dieu ne joue pas aux dés. » (Albert Einstein)
Commentaire
L’auteur dit ensuite à la page 23 : « Vous n’êtes pas là par hasard. » Il cherche à soutenir sa thèse avec un texte du prophète Esaïe qui s’adresse à Israël de la part du Seigneur. Ce texte n’a aucun rapport avec le lecteur indéterminé de ce livre. Dans ce cadre, l’énoncé d’Einstein n’a aucun sens. L’auteur ne spécifie pas s’il s’adresse au croyant ou à l’incrédule. Dans son explication l’auteur va jusqu’à dire : « Plus étonnant encore, le Seigneur a déterminé comment vous alliez naître. Quelles que soient les circonstances de votre venue au monde et l’identité de vos parents, Dieu avait un plan en vous créant. Peu importe que vos parents aient été bons, mauvais ou indifférents : le Seigneur savait que ces deux personnes possédaient exactement les caractéristiques génétiques qui lui permettraient de créer l’individu unique qu’il avait en tète : vous. Vos parents avaient l’ADN voulu par Dieu pour vous créer. » (page 24)
Est-ce aussi une justification en cas de viol ?
Jour 3
Warren
Esaïe a soupiré:« Je me suis fatigué pour rien, c’est inutilement, oui, c’est une pure perte, que j’ai usé mes forces … » (Esaie 49.4) Job dit: « Mes jours … tirent à leur fin sans qu’il y ait d’espoir » et « Je suis plein de dégoût! Je ne durerai pas toujours. Laisse-moi donc tranquille; ma vie est si fragile. » (Job 7:16)
Commentaire
La suggestion selon laquelle ces deux héros de la foi auraient vécu une vie privée de sens, fait une entorse à la Parole de Dieu. C’est plutôt le contraire. Comment l’auteur peut-il dire que « sans Dieu, la vie n’a aucun sens et nous n’avons aucune raison d’être ni aucun espoir? Dans la Bible, de très nombreux hommes ont exprimé leur désespoir. » Dans des moments de (grande) difficulté, on peut être livré au désespoir. Cela ne veut pas dire que la vie n’a pas de sens. Esaie écrit:
« J’entendis la voix du Seigneur, disant: Qui enverrai-je, et qui marchera pour nous? Je répondis: Me voici, envoie-moi. Il dit alors: Va, et dis à ce peuple… »
(Esaie: 8.9)
Que ce peuple n’ait pas écouté ne veut pas dire que la vie d’Esaie n’avait pas de sens. Plus tard nous lisons:
« Maintenant l’Eternel parle, Lui qui m’a formé dès ma naissance pour être son serviteur, pour ramener à lui Jacob et Israël encore dispersé; car je suis honoré aux yeux d’Israël. Et mon Dieu est ma force. Il dit: C’est peu que tu sois mon serviteur pour relever les tribus de Jacob et pour ramener les restes d’Israël: Je t’établis pour être la lumière des nations, pour porter mon salut aux extrémités de la terre. Ainsi parle l‘Eternel, le rédempteur, le Saint d’Israël. »
(Esaïe 49:5-7a)
Le même principe s’applique à Job. Dieu avait le dernier mot dans sa souffrance. Il l’a relevé et béni comme jamais auparavant. Il est inexact de dire que la vie de Job n’avait pas de sens, au contraire.
Jour 5
Warren
« Nous ne voyons pas les choses telles qu’elles sont, mais telles que nous sommes. » Anaïs Nin. (Page 45)
Commentaire
L’auteur se sert de la référence de cette dame pour illustrer son sujet. Il est remarquable de trouver dans ce livre une citation d’une personne avec un mode de vie en flagrante opposition avec la foi chrétienne. Anaïs Nin est un auteur séculier.Dans ses journaux peu exquis, elle s’exprime sur ses relations sexuelles et romantiques avec son père. Elle était une amie, parfois la maîtresse, de nombreux et illustres personnages littéraires3.Pourquoi donc introduire le nom d‘un personnage quasiment inconnu qui n’a rien de commun avec le christianisme pour présenter une idée qui ne peut aider un croyant d’aucune manière?
Warren
« Si je vous demandais de vous représenter la vie, quelle image vous viendrait-il à l’esprit? Cette image est le symbole de votre vie. C’est la conception de la vie que vous avez, consciemment ou non, (conscious or unconscious) dans votre esprit. » (page 46)
Commentaire
Nous ne voyons rien inconsciemment à moins que nous n’adhérions à la psychologie de Sigmund Freud et/ou de l’occulte Carl G. Jung. Cette idée est en opposition avec la Bible.
Jour 7
Warren
« La Bible dit: Le Fils de Dieu reflète la splendeur de la gloire divine. Jésus est venu ici-bas pour nous faire découvrir la gloire de Dieu. » (page 60)
Commentaire
Par contre, la Bible ditceci :
« Car le Fils de Dieu est venu chercher et sauver ce qui était perdu. »
(Luc 19.10)
Jour 8
Warren
La dernière phrase du chapitre dit: « C’est cela, la véritable adoration: être amoureux de Dieu. »
Commentaire
Cette expression est une banalisation de l’adoration. L’image de Dieu ne supporte pas une amourette terrestre. Il est ici question d’un manque alarmant de respect, d’absence de la crainte de Dieu. La Parole enseigne que
« Dieu est esprit, et il faut que ceux qui l’adorent, l’adorent en esprit et en vérité. »
(Jean 24.4)
et non pas dans l’attitude d’un amoureux passager.
Jour 9
Warren
« Dans le film intitulé Les chariots de feu, le coureur olympique Eric Liddell déclare: Je crois que Dieu m’a créé pour un but, mais il m’a aussi fait capable de courir vite, et quand je cours, je sens Son plaisir. Puis il ajoute:Si je cessais de courir, cela le rendrait triste. Il n’y a pas de capacités non-spirituelles. » (page 81)
Commentaire
Dans ce chapitre aussi il est question d’un manque de révérence. L’énoncé de cet athlète est déplacé et banal. La Parole de Dieu dit:
« Car mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos voies ne sont pas mes voies, dit l’Eternel. Autant les cieux sont élevés au-dessus de la terre, autant mes voies sont élevées au-dessus de vos voies, et mes pensées au-dessus de vos pensées. »
(Esaie 55.8-9)
Aux Jours 8 et 9, la Personne de Dieu est en quelque sorte popularisée. La distinction entre le Créateur et la créature n’est pas respectée.
Jour 10
Warren
« Si vous souhaitez savoir à quel point vous comptez pour Dieu, regardez Christ, les bras ouverts sur la croix, et écoutez-le vous dire: Regarde à quel point je t’aime! Je préfère mourir plutôt que de vivre sans toi! » (page 87)
Commentaire
Le propos est inadmissible, voire choquant. Premièrement le Seigneur Jésus n’a jamais dit cela. L’auteur met cette parole dans la bouche de Jésus pour provoquer une réaction émotionnelle auprès du lecteur. Là encore, l’auteur popularise la Personne de Jésus-Christ afin de faire passer son message. Cette fantaisie cérébrale est blasphématoire.
Jour 11
Warren
« La Bible dit: Dieu règne sur tous, agit par tous et demeure en tous. » (Ephésiens 4.6) (page 99)
Commentaire
La version française cache la grave erreur du texte anglais. Ce dernier dit: « Il (Dieu) règne sur toute chose et est partout et est en tout. » Premièrement, Dieu n’est pas en tout. C’est dire que tout est Dieu, l’homme y compris. C’est à nouveau du panthéisme, philosophie païenne. En vérité, Dieu est en dehors et au-dessus de Sa création et n’en fait pas partie tel que le Nouvel Age l’enseigne. L’utilisation de termes à double sens est dangereuse. Elle devrait être catégoriquement exclue d’un livre qui a pour objectif d’aider le lecteur de ce livre dans son pèlerinage terrestre. Deuxièmement, Dieu n’est pas en tous non plus. L’apôtre Paul s’est adressé aux Ephésiens, c’est à dire à des chrétiens, et pas à tout le monde. Dans les trois derniers chapitres, l’auteur popularise la Personne de Jésus et introduit une idée païenne cachée sous couverture biblique d’une version corrompue. Le message de l’auteur n’est pas celui de la version en français, mais celui du texte anglais. Le lecteur français n’a pas la possibilité de vérifier l’exactitude de ce qui se cache derrière le texte français. D’ailleurs, ce n’est pas la seule occasion dans ce livre.
Warren
« Frère Laurent faisait régulièrement monter de courtes prières vers Dieu. (…) De nombreux chrétiens, au cours des siècles, ont prononcé des prières dans un souffle: Vous choisissez par exemple une petite phrase que vous dites à Jésus dans un souffle pendant la journée: “Tu es avec moi… Je reçois ta grâce…’’ etc. (page 99)
Commentaire
L’auteur présente comme exemple un mystique catholique. Il est question de la prière avec une certaine technique d’haleine adoptée par des religions orientales. C’est une forme de méditation en controverse avec la Parole de Dieu qui dit:
« Mais quand tu pries, entre dans ta chambre, ferme la porte, et prie ton Père qui est là dans le lieu secret; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra.En priant, ne multipliez pas de vaines paroles, comme les païens, qui s’imaginent qu’à force de paroles ils seront exaucés. Ne leur ressemblez pas; car votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant que vous le lui demandiez. »
(Matthieu 6: 6-8)
Warren
« Les amis partagent leurs secrets. Si vous prenez l’habitude de réfléchir à sa Parole pendant la journée, le Seigneur partagera ses secrets avec vous. Il l’a fait avec Abraham, Daniel, Paul, les disciples et ses autres amis. » (page 101)
Commentaire
Les textes de Genèse 18.17, Daniel 2.19 et 1 Corinthiens 2.7-10utilisés par l’auteur, sont arrachés à leurs contextes respectifs. Ils sont utilisés pour une idée non biblique. La Parole dit:
« Les choses cachées sont à l’Eternel, notre Dieu; les choses révélées sont à nous et à nos enfants, à perpétuité, afin que nous mettions en pratique toutes les paroles de cette loi. »
(Deutéronome 29.29)
Dans ces textes, il est question de la révélation de Dieu pour des circonstances extraordinaires. Dieu a révélé sa sagesse à quelques-uns de ses serviteurs qui étaient mis à part pour cela. L’auteur suggère que Dieu partagerait ses secrets avec tout le monde. Le croyant qui accepte cette fausse notion se place dans une attitude erronée vis-à-vis de Dieu. La révélation pour usage privé par le moyen de la méditation constante, est inconnue dans la Bible. Il est malheureux de voir l’auteur ajouter une autre fausse explication aux précédentes.
Jour 12
Warren
« Vous êtes aussi proche de Dieu que vous choisissez de l’être. » (page 103)
Commentaire
Avec cet énoncé téméraire, l’auteur ouvre un chapitre sur le développement de « votre amitié avec Dieu. » Un paragraphe entier développe les pas que le lecteur doit faire. Ce dernier ne pourra se soustraire à l’impression que Dieu et lui se trouvent pratiquement sur pied d’égalité dans la relation. Un exemple parmi d’autres est celui d’Abraham. Au sujet de l’entretien qu’il avait avec Dieu, le livre dit: « Ainsi,l’Eternel laissa Abraham remettre en question la destruction de Sodome. Abraham insista auprès de lui sur le mode de la négociation pour qu’il épargne cette ville. » (page 104) Ce qui ne ressort pas en français, c’est que l’original anglais dit qu’Abraham lança le défi à Dieu au sujet de Sodome pour que cette ville ne fût pas détruite. Or La Parole dit:
« Abraham s’approcha de Dieu et dit: Feras-tu aussi périr le juste avec le méchant? (…) Faire mourir le juste avec le méchant, en sorte qu’il en soit du juste comme du méchant, loin de toi cette manière d’agir ! Celui qui juge toute la terre n’exercera-t-il pas la justice? (…) Voici, j’ai osé parler au Seigneur, moi qui ne suis que poudre et cendre. (…) Abraham dit: Que le Seigneur ne s’irrite point, et je ne parlerai plus que cette fois. Peut-être s’y trouvera-t-il dix justes. Et l’Eternel dit: Je ne la détruirai point, à cause de ces dix justes. L’Eternel s’en alla, lorsqu’il eut achevé de parler à Abraham.
(Genèse 18:23-32)
Ainsi donc, dans cinq tentatives courageuses, Abraham négocia avec Dieu pour qu’Il épargne la ville. Dieu savait qu’Abraham irait encore plus loin dans sa négociation après avoir obtenu une clémence divine réduite à 10 justes. Pour éviter qu’Abraham efface le plan de Dieu complètement, L’Eternel s’en alla, parce qu’il avait achevé de parler à Abraham. Il n’est donc nullement question qu’Abraham, en tant qu’être humain, ait lancé un défi envers Dieu. L’auteur atténue exagérément la distance entre le Créateur et la créature.
Jour 13
Warren
« Afin d’élargir vos expressions de louange, je vous encourage à lire les Ecritures dans différentes traductions. » (page 115)
Commentaire
Cet encouragement semble tout à fait plausible. En principe, il n’y a aucun inconvénient. Par contre, en pratique, le livre présente un problème majeur. Dans l’original anglais, l’auteur n’utilise pas moins de 15 versions différentes. La traduction en français se sert de 6 versions. Dans le cadre de cette étude, on irait trop loin à vouloir comparer les 15 versions anglaises avec les 6 versions françaises. Dans plus de 36% des références bibliques (voir page 3), l’auteur se sert de versions douteuses, sinon contestables (parfois de paragraphes entiers), parmi lesquelles celles inspirées par la pensée du Nouvel Age. Etant donné qu’en général, les chrétiens évangéliques sont mal ou pas du tout informés au sujet du Nouvel Age, le danger de séduction est d’autant plus grand. C’est ici que le don spirituel du discernement des esprits est de rigueur. Souvent, les traductions en français sont plus fidèles aux textes bibliques que l’original en anglais. C’est ainsi qu’il se cache un problème de fond pour le lecteur non averti. Un exemple, parmi d’autres, se trouve au Jour 1. (page 4)
Jour 14
Warren
« Pour fortifier votre amitié, Dieu vous fera passer par des périodes de séparation apparente. A ce moment-là vous aurez l’impression qu’il vous a abandonné ou oublié. Saint Jean de la Croix a dit que ces jours de sécheresse spirituelle, de doute et d’éloignement de Dieu étaient la nuit sombre de l’âme, Henri Nouwen les a nommées la misère de l’absence. » (page 120)
Commentaire
Ces phrases dissimulent beaucoup plus de choses qu’elles n’en révèlent. L’auteur donne la parole à des mystiques catholiques du 18e et du 20e siècle dans un langage complexe et difficile.
Warren
« L’âme subit une purification (le chemin purificateur) qui mène à un sentiment d’allégement et à un plus grand amour de Dieu (le chemin éclaireur). Après une période, l’âme peut entrer dans le mariage mystique avec Dieu (le chemin unificateur) qui commence par la conscience que Dieu est présent dans l’âme. L’âme passe par un temps de paix et un état d‘extase jusqu’à l’état d’unité avec Dieu (le mariage spirituel). Tardivement, dans ce processus, se trouve une expérience (la sombre nuit de l’âme) dans laquelle le contemplatif se sent abandonné de Dieu, de l’espérance et, en effet, même de la force de prier, ce qui peut durer des années. »4
Commentaire
L’énoncé « que Dieu est présent dans l’âme, » exige une plus ample explication. Que cela veut-il dire exactement? La Réforme en avait fini avec ce mysticisme non biblique. La recommandation de ce genre d’idées moyenâgeux en tant qu’exemple pour des chrétiens évangéliques, est une absurdité. Tout cela n’a rien à voir avec la Parole de Dieu. C’est le retour vers Rome.
Jour 15
Warren
L’auteur se réfère à un texte de l’apôtre Paulet dit: « Dans son amour, Dieu avait décidé par avance qu’il ferait de nous ses enfants par Jésus-Christ; dans sa bienveillance, voilà ce qu’il a voulu. » (Ephésiens 1.5) (page 129)
Commentaire
L’image n’est pas complète. Il faut observer que l’apôtre Paul a écrit aux Ephésiens et non pas à tout lecteur du présent livre. Il faut respecter la distinction entre croyant et non croyant. Le contenu de ce verset ne s’applique pas automatiquement sur un pied d’égalité aux deux catégories. Dans la continuité de son thème, l’auteur met l’accent sur l’amour de Dieu. Il dit: « Comme le Seigneur est amour, il aime les relations. » La tendance générale est d’accentuer exagérément l’amour de Dieu en négligeant sa sainteté. C’est une grave erreur que de mettre en lumière un aspect particulier de Dieu au détriment des autres. C’est la faute qu’Israël avait commise dans le désert. Dieu avait convoqué Moïse pour recevoir les Dix Commandements sur la montagne. Lorsqu’il tardait dans son retour, le peuple commença à s’impatienter. Voulant servir Dieu à sa façon, il se fit un veau d‘or comme image de Dieu. Tous avaient vu et entendu parler des miracles du Dieu fort qui les avait libérés de l’esclavage d’Egypte. Ils s’étaient fait une image complètement erronée de Dieu. Un veau représente la force, la jeunesse et la fertilité, ce qui ne correspond en rien au Dieu trois fois saint. Les Israélites s’étaient servi des richesses qu’ils avaient emportées d’Egypte (richesses reçues en compensation de leur esclavage) pour en faire une idole. Dieu les avait libérés; ensuite ils ont gaspillé leurs bénédictions pour affronter le Dieu qui les conduisait vers la Terre Promise. Dans leur folie, leurs richesses sont devenues leur chute. Dieu est amour, Il est trois fois saint, mais Il est aussi un feu dévorant, tout cela à la fois: une combinaison de qualités qui dépasse la compréhension de l’homme. Vouloir ériger l’image de Dieu qui ne serait qu’amour, c’est Lui faire ouvertement affront en falsifiant Son image. Celui qui s’y prête tombe dans le piège de l’idolâtrie dont les conséquences sont redoutables. Une présentation de commentaires sur certains points de la page 130 ne peut pas être entreprise dans le cadre de cette étude.
Jour 16
Warren
« Comme Dieu est amour, il veut surtout que nous apprenions à aimer. » (page135)
Commentaire
Les pages 135 à 141 parlent de façon expansive de l’amour. On dirait qu’à l’époque actuelle on ne parle plus que d’amour. Certes, c’est un sujet de grande importance, mais avant de pouvoir en parler, il faut savoir clairement de quoi on parle. L’amour, c’est quoi ? En contraste avec nos langues modernes où existe une confusion au sujet de l’amour, le texte grec du Nouveau Testament ne permet aucune confusion. Tout chrétien évangélique connaît le mot « agape » ,l’amour absolu que Dieu témoigne envers les hommes. L’homme ne peut s’élever au-dessus du niveau humain de l’amour « fileo » ; mais l’amour « agape » est versé par Dieu seul dans les cœurs de ses enfants. Dans le texte biblique on ne trouve pas le mot « érotique » (du grec « eros » ), très à la mode aujourd’hui. L’inévitable impression est que l’auteur va trop loin dans sa popularisation de l’amour de Dieu pour l’homme. Il atténue fortement la distinction entre le Créateur et la créature.
Jour 17
Warren
Le chapitre « Votre Vraie Place » (pages 143 à 151) contient le texte d’Ephésiens 4.16. L’auteur ne cite qu’une partie du texte. « Si vous vous retirez de la vie d’un corps local, votre vie spirituelle deviendra plus pauvre et finira par cesser d’exister. » (pages 144-145)
Commentaire
Dans cette dernière phrase de la page 144, l’auteur fait passer son opinion personnelle dans la Parole de Dieu tel un ventriloque. Mais la Parole dit:
« C’est de lui, et grâce à tous les liens de son assistance, que tout le corps, bien coordonné et formant un solide assemblage, tire son accroissement selon la force qui convient à chacune de ses parties, et s’édifie lui-même dans la charité. »
Pour ce qui concerne la pratique, l’auteur a écrit une recommandation enthousiaste dans le livre Transitioning deDan Southerland. Ce dernier a mis en pratique les principes de Rick Warren pour la croissance de l’église. Dans le livre cité se trouve un chapitre dans lequel Southerland explique comment en finir avec l’opposition des membres qui ne veulent pas suivre le bouleversement de leur église. Trop de chrétiens fidèles ont déjà subi cette tragédie en voyant leur église changée de façon méconnaissable et se retrouvent “dehors”, sans ensuite savoir où aller. La menace d’une vie spirituelle du croyant devenant de plus en plus pauvre et finissant par cesser d’existerest tout simplement une manipulation à rejeter. Ainsi conditionné, le croyant est préparé à ce qui suivra dans les chapitres suivants et à s’assujettir d’emblée aux responsables de son église. Le membre n’a même pas le droit d’exprimer sa critique. (page 145) L’argumentation de l’auteur ne correspond pas avec l’expérience de bien des chrétiens engagés. L’auteur ajoute: « Aucun d’entre nous n’est gardé de la tentation. » (page 149) C’est exact et il faut savoir que cette vérité est aussi valable pour l’auteur du livre. En citant 1 Timothée 1.19, l’auteur suggère que « celui qui quitte son église a fait naufrage par rapport à la foi. » L’auteur se réserve une position privilégiée en disant: « Dieu charge les pasteurs de garder, de protéger et de défendre les membres de leur troupeau, et de prendre soin de leur bien-être spirituel. » (page 149) Pour l’occasion,l’auteur avance le texte de l’apôtre Paul en Actes 20.28-29:
« Prenez- donc garde à vous-mêmes, et à tout le troupeau sur lequel le Saint Esprit vous a établis évêques, pour paître l’Eglise du Seigneur, qu’il s’est acquise par son propre sang. Je sais qu’il s’introduira parmi vous des loups cruels qui n’épargneront pas le troupeau… »
Pour être complet, le verset 30 mérite d’être ajouté:
« et qu’il s’élèvera du milieu de vous des hommes qui enseigneront des choses pernicieuses, pour entraîner les disciples après eux. »
Qui sont-ils ces hommes? N’y en a-t-il pas aujourd’hui? Le discernement des esprits, n’est-il plus opérationnel dans l’église? Ou alors avons-nous atteint le point où l’on n’ose plus dire la vérité? Comment réconcilier le texte biblique cité avec la pratique de l’expulsion des croyants de leur église? Ceux qui, par le discernement spirituel et une profonde conviction, rejettent les méthodes du business et du management, sont-ils étrangers au corps de Christ? L’auteur met le comble à son argumentation en intimidant les enfants de Dieu: « Satan aime les chrétiens isolés, coupés de la vie du corps, qui sont loin de la famille de Dieu et qui ne dépendent d’aucun dirigeant spirituel, car il sait qu’ils sont sans défense et qu’ils se laissent facilement piéger. » (page 149) L’auteur retourne au système de l’église catholique en reproduisant le modèle du prêtre intermédiaire et indispensable entre Dieu et l’homme. Certainement, des personnes abandonnent leur assemblée, mais pour quelle raison? Tout en parlant en généralités, l’auteur implique tout croyant se voyant contraint de partir, ou même des membres fidèles que des responsables ont invité à quitter l’Eglise. Avec ses propos, l’auteur suggère que sa Saddleback Community Church représente le modèle biblique de l’Eglise. En réalité, des principes bibliques sont psychologiquement convertis et prennent le caractère de séduction. Celui qui suit se laisse lier. Cette pratique d’expulsion de membres de leur assemblée n’est point empruntée à 1 Pierre 5.2-3:
« Paissez le troupeau de Dieu qui est sous votre garde, non par contrainte, mais volontairement, selon Dieu; non pour un gain sordide, mais avec dévouement; non comme dominant sur ceux qui vous sont échus en partage, mais en étant les modèles du troupeau. »
Jour 18
Warren
« Le véritable partage va bien au-delà de la participation au culte. Chaque chrétien devrait par conséquent s’engager dans un petit groupe à l’intérieur de son église: cellule de maison, école du dimanche ou groupe d‘étude biblique (pages 153-154). La Bible dit: Confessez vos péchés les uns aux autres et priez les uns pour les autres, afin que vous soyez guéris. » (page 155)
Commentaire
En anglais, l’auteur se sert du texte de Jacques 5.16a dans la version controversée The Message. A première vue, les textes cités vont harmonieusement ensemble. Toutefois, suite au jour 17, il se développe une nouvelle étape dans le processus psychologique. Le Jour 17 place le croyant sous la tutelle des responsables de l’église. Le Jour 18 le place ensuite dans un petit groupe pour l’édification spirituelle. En réalité, il s’agit d’un développement calculé pour inciter le croyant à s’accorder aux directives qui lui sont données. La pensée d’une dynamique de groupe s’impose.Le texte choisi par l’auteur se trouve hors contexte et sert plutôt de prétexte. Le contexte de Jacques 5.13-16a dépeint non pas une situation générale mais particulière:
« Quelqu’un parmi vous est-il malade? Qu’il appelle les anciens de l’Eglise et que les anciens prient pour lui en l’oignant d’huile au nom du Seigneur; la prière de la foi sauvera le malade, et le Seigneur le relèvera; et s’il a commis des péchés, il lui sera pardonné. Confessez donc vos péchés les uns aux autres, et priez les uns pour les autres, afin que vous soyez guéris. »
(Jacques 5:14-16a)
Le ministère du pasteur et des anciens est foulé aux pieds. Or le texte biblique s’applique dans l’intimité du foyer où le pasteur et/ou les anciens sont appelés. De quel droit,l’auteur recommande-t-il de transférer le ministère pastoral à un groupe qui n’est pas appelé par Dieu à cette tâche? Deuxièmement, la rencontre est transférée à un groupe où la confidentialité n’est pas garantie. C’est un « entre-nous. » Ainsi, le texte biblique, démuni de son sens, sert d’alibi pour trouver sa place dans la psychologie intentionnée. C’est la dynamique de groupe, substitut du ministère pastoral.
Jour 19
Warren
« Les Ecritures affirment qu’il faut attendre le bon moment de dire les choses de la bonne manière. » (page 163)
Commentaire
Après avoir parlé de l’amour et du besoin d’appartenir à une église locale, l’auteur parle de la soumission du croyant aux responsables de son église. Le chapitre présent explique comment le croyant doit s’ouvrir aux membres de son église, c’est à dire plutôt au groupe auquel il appartient. Même le moment est indiqué. Le tableau d’un plan de construction d’église à la Saddleback s’étale devant le spectateur. Il est question de la confidentialité dans la vie communautaire (page 166). Plus haut était déjà démontré que cette confidentialité est mal placée dans un groupe et contraire à la Parole de Dieu. L’auteur dit que « ce qui est au sein du groupe restera dans le groupe et sera réglé par les membres du groupe. » D’abord il faut demander si le groupe est qualifié pour cette tâche. Vu la fragmentation de la société avec un grand nombre de solitaires vulnérables, beaucoup d’entre eux ont besoin d‘un “foyer”où ils sont acceptés. Le risque, nullement imaginaire, est de voir le groupe se développer dans un système de contrôle où l’individu devient victime de manipulation. Avec un appel douteux sur Tite 3.10, l’auteur écrit: « Dieu nous demande clairement de punir ceux qui créent des divisions parmi les chrétiens. » (page 166) Que veut-il dire par “division”? Si, basé sur la Parole de Dieu, un membre du groupe s’oppose à certains points de vue ou décisions, est-il une cause de division? Il est approprié de répéter l’énoncé de l’auteur: « Ce qui est au sein du groupe restera dans le groupe et sera réglé par les membres du groupe. » Celui qui se tient à la Parole n’est pas une cause de division, mais ceux qui en dévient, même s’ils sont majoritaires. La pratique de tous les jours a déjà prouvé que bon nombre de croyants sont déjà devenus victimes de ce système, même des anciens qui ne savent plus où aller. Etant davantage psychologique que spirituel, le système de la dynamique de groupe est à déconseiller.
Jour 20
Warren
L’auteur se rend compte de la possibilité de relations brisées: « En fait, les Ecritures affirment que le Seigneur nous a confié la tâche de restaurer les relations. (2 Corinthiens 5.18) » (page 169)
Commentaire
Par deux fois, ce texte est arraché de son contexte pour soutenir la thèse de l’auteur. (pages 169 et 171) Le ministère de la réconciliation est autre chose que le raccordement de personnes avec une différence de vue sur le plan personnel. L’auteur propose 7 étapes bibliques pour la réconciliation entre les personnes.
Warren
« Admettez votre part de responsabilité dans le conflit. » (page 174)
Commentaire
Il n’est pas toujours question de responsabilité réciproque dans un conflit. Tout en étant innocent, on peut être attaqué. Le cas échéant, la victime d’un affront peut s’approcher de celui qui s’est mal conduit. S’il ne veut pas réparer sa faute, quelle solutionpropose alors l’auteur ? Pour argumenter sa thèse de responsabilité partagée, l’auteur fait référence au texte:
« Si nous disons que nous n’avons pas de péché, nous nous séduisons nous-mêmes. »
(1 Jean 1.9)
A tort et à travers, l’auteur se sert de textes bibliques pour avoir raison. Cette utilisation de la Parole est abusive et condamnable. Comment est-il possible qu’au jour 17 l’auteur recommande le livre Transitioning deDan Southerland, sachant que ce dernier a développé un chapitre entier de son œuvre sur le mécanisme que le pasteur pourra employer pour en finir avec des membres en conflit de conscience au sujet de la soi-disante reconstruction de leur égliseou de la réconciliation?
Jour 21
Warren
La protection de l’église ? « L’unité del’Eglise est si importante que le Nouveau Testament en parle plus que du ciel ou de l’enfer. » (page 177)
Commentaire
A quoi sert le texte cité en Ephésiens 4.3:
« Efforcez-vous de conserver l’unité que donne l’Esprit, dans la paix qui vous lie les uns aux autres ? »
Quand on met des chrétiens sans blâme à la porte, qui brise l’unité du corps de Christ? Est-ce toujours, et par définition, parce que le pasteur et le conseil des anciens ont raison? Ici, il est question de ceux qui, selon Jude 3, s’en tiennent à la foi:
« Bien-aimés, comme je désirais vivement vous écrire au sujet de notre salut commun, je me suis senti obligé de le faire afin de vous exhorter à combattre pour la foi qui a été transmise aux saints une fois pour toutes. »
Des chrétiens qui ont le discernement spirituel, observent que l’Evangile est tourné en psychologie, l’organisme de leur église en organisation de business. Le monde postmoderne a fait irruption dans la maison de Dieu.
Warren
« Réglez les conflits à la manière de Dieu.Jésus a donné un enseignement à l’Eglise: Si ton frère a péché, va et reprends-le entre toi et lui seul. S’il t’écoute, tu as gagné ton frère. Mais s’il ne t’écoute pas, prends avec toi une ou deux personnes, afin que toute l’affaire se règle sur la déclaration de deux ou trois témoins. S’il refuse de les écouter, dis-le à l’Eglise. » (page 182)
Commentaire
Et la suite? En raccourcissant arbitrairement ce texte, l’auteur a amputé la conclusion du même texte qui continue ainsi: « et s’il refuse d’écouter l’Eglise, qu‘il soit pour toi comme un païen et un publicain. » L’auteur répare sa faute dans son explication (page 183). Démodée dans nos cultures avancées, la pratique de l’expulsion selon la Parole du Seigneur est aujourd’hui à peine, sinon pas du tout, respectée. Mais, comme ditl’auteur, « les responsables devront rendre compte à Dieu. » (page 183) L’auteur met l’accent sur l’unité de l’Eglise et son obéissance aux conducteurs. Les neuf dernières pages mentionnent 21 fois le mot « unité. » « Vérité » est totalement absente. Que fait l’auteur de la parole de l’apôtre Paul:
« Car il viendra un temps où les hommes ne supporteront pas la saine doctrine; mais, ayant la démangeaison d’entendre des choses agréables, ils se donneront une foule de docteurs selon leurs propres désirs, »
(2 Timothée 4.3)
L’homme d’aujourd’hui rencontre tant de difficultés et entend tant de mauvaises nouvelles. Au culte, il veut entendre de bonnes choses, mais surtout pas du combat spirituel du croyant. Tout en parlant de ce qui est essentiel, on ne doit pas lui parler des derniers temps pour lesquels le Seigneur nous a laissé d’importants avertissements et où il est question de faux docteurs et de faux prophètes. Qui sont-ils et où sont-ils? La parole de l’apôtre Paul n’est-elle pas d’actualité:
« Que personne ne vous séduise d’aucune manière; car il faut que l’apostasie soit arrivée auparavant, et qu’on ait vu paraître l’homme du péché, le fils de la perdition? »
(2 Thessaloniciens 2.3)
Lors de ses adieux aux Ephésiens, l’apôtre n’a-t-il pas dit:
« Je sais qu’il s’introduira parmi vous, après mon départ, des loups cruels qui n’épargneront pas le troupeau et qu’il s’élèvera du milieu de vous des hommes qui enseigneront des choses pernicieuses, pour entraîner les disciples après eux? »
(Actes 20: 29-30)
Comment entraîner des disciples? Croiront-ils au mensonge? Non, mais ils croiront au mélange du vrai et du faux. C’est cela la séduction qui conduit à l’apostasie! Le mécanisme de la séduction une fois acceptée, les avertissements de la Parole n’ayant pas été pris au sérieux, tourne inexorablement en apostasie. L’apostasie n’est pas une passive et regrettable faiblesse spirituelle, mais une active et coupable rébellion contre Dieu et sa Parole. Elle n’est que l’idolâtrie qui attend le jugement à moins que le croyant et l’Eglise ne retournent à Dieu et à sa Parole et que cela ne conduise à un réveil spirituel. Certes, cet enseignement n’est pas agréable à donner ni à écouter, mais urgent et nécessaire. C’est là que les responsables spirituels auront à rendre compte devant Dieu.
Jour 22
Warren
Etant donné que nous sommes des êtres responsables, l’auteur dit: « Nous avons une conscience morale; nous sommes capables de distinguer le bien du mal, ce qui nous rend responsables envers Dieu. » (pages 189-190)
Commentaire
Le commentaire précédant, que l’on pourrait prolonger, est nécessaire pour jeter la lumière sur l’arrière plan des développements dans les milieux évangéliques. Les commentaires ont pour objectif de transpercer les textes de l’auteur pour découvrir les choses qui ne sont pas dites mais qu’il faut connaître pour une bonne compréhension. C’est pour cette raison aussi que le croyant est tenu de ne pas accepter aveuglément tout ce qu’il entend ou ce qu’on lui dit. Etant donné que le Seigneur a dit qu’il y aura des faux docteurs et des faux prophètes, le croyant doit mettre en pratique ce que l’apôtre Jean a enseigné des dizaines d’années plus tard:
« Bien-aimés, n’ajoutez pas foi à tout esprit, mais éprouvez les esprits, pour savoir s’ils sont de Dieu, car plusieurs faux prophètes sont venus dans le monde. »
(1 Jean 4.1)
L’Eglise est appelée à appliquer cette discipline aux prédicateurs qui viennent annoncer la Parole.
Warren
Certains « considèrent Dieu comme un être tout puissant dont le seul but est de satisfaire leur recherche égoïste de réalisation personnelle. Mais Dieu n’est pas leur serviteur. » (page 191)
Commentaire
En général, la justification est mentionnée comme élément du salut. Malheureusement, la sanctification est négligée. Mais la Parole de Dieu dit clairement:
« Or, c’est par lui que vous êtes en Jésus-Christ, lequel, de par Dieu, a été fait pour nous sagesse, justice et sanctification et rédemption. »
(1 Corinthiens 1.30)
Jour 23
Warren
L’accent mis sur la personne est manifeste dans les huit premières phrases où vos/votre/vous figurent dix fois. (page 198) Plus tard l‘auteur parlera de « dépendre de Son Esprit » et « Le Saint Esprit vous aidera à vivre ces transformations. »
Commentaire
Le lecteur ne peut pas se soustraire à l’impression que l’auteur a une trop haute opinion de l’individu humain quand il dit:« La croissance spirituelle est un effort commun entre vous et le Saint-Esprit. L’Esprit de Dieu travaille avec vous et pas seulement en vous » (pages 198-199). Ici on touche à l’anthropologie. Pour l’auteur, quelle est la notion de l’être humain dans l’optique biblique? Le traitement de ce sujet nous entraînerait trop loin dans cette étude. Cela d’autant plus que le principe de base de l’auteur est inconnu. Il est pourtant d’une importance capitale. La trop grande importance que l’auteur accorde à la psychologie oblige à considérer ses propos avec réserve. L’auteur n’arrive pas à éviter l’impression, auprès du lecteur, qu’il utilise la Bible comme un manuel de psychologie. Si cette impression devait être justifiée, il y aurait là véritablement un problème majeur.
Jour 24
Warren
Dans son chapitre « Comment grandir » , l’auteur parle de la croissance spirituelle par étapes. La 5e étape est: « Vous devez réfléchir à ce que dit la Parole de Dieu, c’est à dire la méditer.
Commentaire
Avec une référence à la méditation au Jour 11, l’auteur avait choisi, comme exemple à suivre, un mystique catholique (page 8). Au jour 24, cette pratique est amplifiée. De façon très discrète, un changement de sens s’opère et conduit à des pratiques étrangères à la Parole.
Jour 25
Warren
« Le Seigneur sait ce qui est le mieux pour vous, et veut le meilleur pour vous. Dieu dit à Jérémie: Car moi je connais les projets que j’ai conçus en votre faveur, déclare l’Eternel: ce sont des projets de paix et non de malheur, afin de vous assurer un avenir plein d’espérance. (…) Chaque fois que le Père répond négativement à votre prière, rappelez-vous qu’il nous discipline pour notre profit, afin que nous participions à sa sainteté. »
Commentaire
Ce Jour traite le sujet “Transformé par les difficultés” (page 216). Le texte prometteur du prophète Jérémie est arraché de son contexte. D’une prophétie pour Israël, l’auteur fait une promesse pour tout individu. Cette exégèse est fausse. Il est inadmissible de couper un texte de son contexte et de l’insérer arbitrairement dans un passage qui convient à l’auteur.
Jour 26
Warren
« L’arme préférée de Satan pour vous détruire » et « c’est pour cela qu’il faut connaître les qualités du caractère de Jésus. »
Commentaire
Pour son argument, l’auteur énumère les fruits de l’Esprit en Galates 5.22-23. L’accent est mis sur le développement de la personnalité du croyant. L’auteur interprète la Parole de Dieu en termes psychologiques. Pour le combat, le croyant doit se revêtir des armes spirituelles que l’apôtre a décrites en détail dans sa lettre aux Ephésiens ch. 6 v.11-18. Il est ici question du rapport que l’auteur voit entre le combat spirituel et les qualités de caractère. Mise à part la Parole de Dieu, qui est la seule arme offensive dont le croyant dispose, les autres armes sont toutes défensives. C’est avec elles qu’il faut mener le combat, non pas avec les qualités de son caractère avec lesquelles il serait certainement perdant. L’auteur explique son point de vue psychologique pour le développement de la personnalité. Celui qui lit le chapitre 12 de Paul dans sa 2e lettre aux Corinthiens viendra à une autre conclusion. Pourquoi l’apôtre n’a-t-il pas expliqué sa croissance spirituelle dans ses nombreux écrits? Ce serviteur de Dieu a fait des expériences que personne d’autre n’a jamais faites. En comparant l’énoncé de l’apôtre, l’auteur explique son point de vue spirituel pour le développement de la personnalité.
« C’est pourquoi je me plais dans les faiblesses, dans les outrages, dans les calamités, dans les persécutions, dans les détresses, pour Christ; car, quand je suis faible, c’est alors que je suis fort. »
(2 Corinthiens 12.10)
L’auteur n’a apparemment pas fini de ne pas comprendre le texte:
« Car (toujours) la Parole de Dieu est vivante et efficace, plus tranchante qu’une épée (psychologique) quelconque à deux tranchants, pénétrante jusqu’à partager âme (psyché) et esprit (pneuma) (…); elle juge les sentiments et les pensées du cœur. »
(Hébreux 4.12)
La Parole pénètre là où aucun autre instrument n’a accès. En termes plus simples, l’auteur tend un flacon rempli de vitamines psychologiques et pourvu d’une étiquette composée de versets bibliques pour fortifier le croyant. Au lieu d’édifier le croyant dans sa croissance spirituelle, les vitamines psychologiques le renforcent dans sa nature humaine. C’est ici la grande séduction, là où aujourd’hui la Parole est privée de la croix et remplacée par la psychologie. C’est ici que le chrétien évangélique est confronté à un phénomène qui ne lui est pas familier. Dans le cadre de la tentation, l’auteur est d’actualité et ne craint pas de toucher un sujet délicat. Il parle de l’attirance physique ou de l’excitation sexuelle d’une part et de la convoitise d’autre part. Le sujet est très bien traité et mérite d’être lu avec attention (pages 223-224). Dans ce domaine, il a les deux pieds sur terre. Excellent!
Jour 27
Warren
« Il y a quatre moyens qui vous permettront de vaincre la tentation. » (page 227) « Ne luttons pas contre cette (mauvaise) pensée, mais pensons à autre chose. C’est la première étape de la victoire. » (page 228) (…) « ignorer une tentation est beaucoup plus efficace que de la combattre. » (page 229)
Commentaire
L’auteur développe son sujet par étapes, allant de grandir (Jour 26) jusqu’à vaincre la tentation dans le présent chapitre. Toutefois, dans son zèle pour aider le chrétien dans son combat spirituel, il donne ce conseil: « Dansla communion fraternelle est la solution à votre combat solitaire contre des péchés qui s’accrochent à vous. Dieu dit que c’est le seul moyen de vous libérer: Confessez donc vos péchés les uns aux autres, et priez les uns pour les autres, afin que vous soyez guéris. » (page 230) De nouveau, l’auteur détourne ce texte de Jacques 5.12 de son contexte. Ce sujet a déjà été signalé à la page 12 de cette étude. D’ailleurs, son conseil est discutable pour une autre raison. L’auteur passe à coté de la possibilité du croyant de se confier à un ou plusieurs anciens de son église. Le texte de Jacques 5.12 parle de faiblesse ou de maladie, pas nécessairement du combat spirituel. Dans ce texte, il est question de guérison. Le traitement du texte n’est pas méticuleux.
Jour 28
Warren
« Toute croissance, naturelle tout aussi bien que spirituelle, prend du temps. (page 235)
Commentaire
Ayant vivement vécu la réalité de la deuxième guerre mondiale, il est intéressant de lire la comparaison de l’auteur entre le combat des forces armées et le combat spirituel. C’est vrai, maintes fois on y trouve les mêmes principes. Ayant appris sur le terrain une leçon de séduction, l’auteur de cette étude est fort sensible aux tactiques de l’Adversaire spirituel. En effet, on y trouve les mêmes principes.
Expérience de guerre
Forcés par les autorités ennemies, nous étions contraints d’héberger des militaires allemands plus ou moins en fuite. On avait l’obligation de leur assurer un lit et un petit déjeuner. Deux officiers allemands, impeccablement vêtus d’uniformes recouverts de décorations impressionnantes, se sont présentés. Ils étaient polis, absolument corrects dans leur attitude, leur allemand était parfait. Maîtrisant suffisamment l’allemand acquis dans l’enseignement secondaire, on s’est entretenu sur la pluie et le beau temps. A notre grande surprise, sans que nous n’ayons entendu le moindre bruit, ils avaient silencieusement disparu le lendemain matin. On trouva un billet de banque et une petite note sur la table de la cuisine: « L’armée allemande ne paiera jamais pour nous. »
Nous nous étions fait prendre par des agents secrets de nationalité inconnue, qui avaient profité du désordre régnant dans l’armée ennemie pour s’infiltrer et espionner. A l’âge de 16 ans, une leçon pour la vie! Pensez-y, réfléchissez, priez! La même chose se reproduit aujourd’hui dans la Maison de Dieu. L’ennemi est parmi nous. Il parle notre langue évangélique, prie nos prières, chante nos cantiques, lit notre Bible (même en versions modernes pour mieux comprendre). Comparez Actes 20.30et 1 Jean 4.1. Les chrétiens évangéliques sont de braves gens. Etre de bonne foi est une qualité, mais être naïf est impardonnable.
Le Seigneur ne nous a-t-il pas avertis? Voyez Matthieu 24.24-25. S’est-il trompé? Que faisons-nous de l’avertissement de l’apôtre Paul?
« Que personne ne vous séduise d’aucune manière, car il faut que l’apostasie soit arrivée auparavant et qu’on ait vu paraître l’homme du péché, le fils de la perdition »
et
« l’apparition de cet impie se fera par la puissance de Satan, avec toutes sortes de miracles, de signes et de prodiges mensongers. Et avec toutes les séductions de l’iniquité pour ceux qui périssent parce qu’ils n’ont pas reçu l’amour de la vérité pour être sauvés. Aussi Dieu leur envoie une puissance d’égarement pour qu’ils croient au mensonge, afin que tous ceux qui n’ont pas cru à la vérité, mais qui ont pris plaisir à l’injustice, soient condamnés? »
(2 Thessaloniciens 2.3, 9-12)
Quel jugement! N’est-ce pas essentiel pour le croyant de connaître ces choses?
Jour 29
Warren
« Nous ne servons pas le Seigneur par peur ou par devoir, ni parce que nous nous sentons coupables, mais parce que nous voulons exprimer ainsi notre joie et notre reconnaissance pour ce qu’il a accompli pour nous. Nous lui devons la vie. Grâce au salut, notre passé a été pardonné, notre présent a un sens et notre avenir est assuré. » « Le ministère n’est pas réservé aux “professionnels”, mais tout chrétien a son ministère. » (page 247)
Commentaire
Ce chapitre s’occupe de la mission de l’homme sur terre. Avec l’accent mis sur l’œuvre sociale, l’auteur exprime que c‘est là l’accomplissement de sa volonté pour l’individu (pages 246-247). De tout cœur on peut s’accorder avec l’auteur sur ce sujet. Ceci dit, il est incompréhensible que l’auteur puisse conseiller le livre de son ami Dan Southerland, expliquant comment mettre hors de l’Eglise des chrétiens engagés (parfois depuis des décennies) qui s’opposent au bouleversement de leur assemblée. Dans l’optique de la compréhension, il y a là une flagrante contradiction: fais comme je dis, mais ne fais pas comme je fais.
Jour 30
Warren
« Comment savoir si vous servez le Seigneur de tout votre cœur? Le premier signe révélateur est votre enthousiasme. (…) Vous accomplissez votre tâche avec joie. (…) De plus, si vous servez Dieu de tout votre cœur, vous êtes efficace et très bon dans la matière. » (page 258)
Commentaire
« Jésus lui répondit: Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, et de toute ta pensée. C’est le premier et le plus grand commandement. »
(Matthieu 22.37)
Cette Parole met fin à la psychologie proposée car
« le cœur est tortueux par-dessus tout, et il est méchant: Qui peut le connaître? Moi,l’Eternel, j’éprouve le cœur, je sonde les reins, pour rendre à chacun selon ses voies, selon le fruit de ses œuvres. »
(Jérémie 17.9-10)
Le livre offre un demi-évangile, celui de “l’uniquement positif”. Il réduit la Parole de Dieu à la psychologie. La conception biblique de Dieu concernant le service (”Le servir de tout son cœur”) est:
« Maintenant, Israël, que demande de toi l’Eternel, ton Dieu, si ce n‘est que tu craignes l’Eternel ton Dieu, afin de marcher dans toutes ses voies, d’aimer et de servir l’Eternel, de tout ton cœur et de toute ton âme; si ce n’est que tu observes les commandements de l’Eternel et ses lois que je te prescris aujourd’hui, afin que tu sois heureux. »
(Deutéronome 10.12-13)
La version néotestamentaire est:
« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, et ton prochain comme toi-même. »
(Luc 10.27)
Voilà le plein Evangile.
Jour 31
Warren
« Versez au moins la dîme (dix pour cent) de votre bénéfice au Seigneur en signe d’adoration. » (page 263)
Commentaire
L’auteur propose l’introduction d’une forme de légalisme dans l’Eglise. Il impose le devoir de cette offrande et produit un sens de culpabilité auprès de ceux qui n’ont pas les moyens ou la possibilité d’y consentir. Celui qui donne la dîme ne fait pas de mal. Par contre, l’apôtre Paul enseigne:
« Pour ce qui concerne la collecte en faveur des saints, agissez, vous aussi, comme je l’ai ordonné aux Eglises de la Galatie. Que chacun de vous, le premier jour de la semaine, mette à part chez lui ce qu’il pourra, selon sa prospérité, afin qu’on n’attende pas mon arrivée pour recueillir les dons. »
(1 Corinthiens 16.1-2)
Ici il n’est pas question d’un pourcentage imposé mais de la liberté du don selon ses moyens. Dans bien des cas, dans nos pays prospères, on pourra donner bien au-delà de ces 10%.
Warren
« De toute évidence, Dieu aime la variété. Regardez autour de vous! Il a créé chaque être humain avec sa manière d’être propre. Il a fait des introvertis et des extravertis, certains qui aiment la routine et d’autres qui préfèrent le changement, des rationnels et des intuitifs, des gens qui travaillent mieux seuls et d’autres mieux en équipes » (page 265).
Commentaire
Introverti et extraverti sont des conceptions de la psychologie humaniste du milieu de Carl G. Jung, psychiatre suisse, actif dans l’occultisme. La Parole de Dieu dit:
« Or, nous, nous n’avons pas reçu l’esprit du monde, mais l’Esprit qui vient de Dieu, afin que nous connaissions les choses que Dieu nous a données par sa grâce. Et nous en parlons, non avec des discours qu’enseigne la sagesse humaine, mais avec ceux qu’enseigne l’Esprit, employant un langage spirituel pour les choses spirituelles.Mais l’homme animal ne reçoit pas les choses de l’Esprit de Dieu, car elles sont une folie pour lui, et il ne peut les connaître, parce que c’est spirituellement qu’on en juge. »
(1 Corinthiens 2.12-14).
Jour 32
Warren
« Je connais une damede 90 ans qui remporte des courses de dix kilomètres. Elle a découvert qu’elle aimait courir à 78 ans.! » (page 271)
Commentaire
L’exemple de la vieille dame tourne le principe de l’auteur en ridicule. Ensuite, il est tellement lié à la psychologie, qu’il revient au principe de l’introverti et del’extraverti. Au jour 31, ce sujet a été considéré comme étranger à la Parole de Dieu. D’autre part, en parlant de la forme de la personnalité, l’auteur dit des choses utiles et recommandables à observer. On peut exagérer de deux façons: soit la concentration sur les sujets spirituels est si préoccupante que l’on perd de vue l’âme et le corps, soit l’accent mis sur l’âme (psyché) est si fort que l’on déraille dans une autre direction. Selon la Parole de Dieu, le corps, l’âme et l’esprit sont les trois composants de l’être humain (1 Thessaloniciens 5.23). Il faut donc s’en approcher de façon équilibrée. Dans l’observation jusqu’ici faite, l’auteur surenchérit avec la psychologie par laquelle il indique une mauvaise direction.
Jour 33
Warren
« Se comporter en serviteur n’est pas bien vu. » (…) « Dieu définit votre grandeur par le nombre de personnes que vous servez. » (page 277)
Commentaire
L’auteur se trompe. Imaginez-vous une infirmière chargée de s’occuper intensivement d’un grand malade. Celui-ci ne lui laisse aucune possibilité de s’occuper de quelqu’un d’autre. La qualité des soins de cette infirmière est peut-être beaucoup plus grande que celle prodiguée par une collègue servant en hâte, affairée par trente malades qui la font courir d’un bout du service de l’hôpital à l’autre. Il ne s’agit pas du nombre, mais de la qualité. Deux missionnaires rentraient dans leur pays après trente ans de service outre-mer. On leur demanda qui avait fait le plus de convertis. L’un, qui était en Extrême Orient, répondit: « Des centaines de milliers. » L’autre, qui travaillait parmi les Eskimos, fut interrogé à son tour et déclara: « Huit! » Qui avait fait le meilleur travail?
Jour 34
Warren
« L’état d’esprit d’un serviteur. » (…) Les vrais serviteurs ont un état d’esprit qui se caractérise par cinq attitudes. » (page 287) « Ils ne perdent pas leur temps à comparer, critiquer ou concurrencer les autres serviteurs ou ministères, car ils sont trop occupés à accomplir la mission que Dieu leur a confiée (…) Quand nous sommes occupés à servir, qu’est-ce que la critique? Le temps passé à critiquer les autres peut être consacré au service. » (page 290)
Commentaire
Cette argumentation est tout à fait logique et sage. Personne ne pourrait en contester l’utilité et l’exhortation à la mettre en pratique. En toute tranquillité, on pourrait se reposer sur cette déclaration psychologique et s’endormir paisiblement. Toutefois, pour le bien être spirituel, il faut jeter la lumière sur ce qui n’est pas dit. Le conseil vital de l’apôtre Paul est de nouveau passé sous silence. En cas de critique justifiée, les croyants ne peuvent pas se laisser museler. La critique, c’est quoi exactement? Ce sont des réflexions et des ajustements faits dans l’objectif de corriger ou d’améliorer une situation, ou encore dans l’intention d’aider une personne à rester ou à revenir sur le bon chemin. Dans ce cas, la critique est positive. Si, par contre, des énoncés sont faits pour causer préjudice à une personne ou pour l’humilier, ce n’est plus de la critique mais de la médisance. Et lorsque des croyants sont forcés de se taire dans des situations où la critique est de rigueur, c’est de la manipulation par la dynamique du groupe. Une telle activité fait violence à la vérité et une entorse à la conviction du croyant. En opposition avec l’auteur, la Parole de Dieu enseigne:
« Qu’ai-je en effet, à juger ceux du dehors? N’est ce pas ceux du dedans que vous [membre(s) de l’Eglise] avez à juger? Pour ceux du dehors, Dieu les juge. Ôtez le méchant du milieu de vous. »
(1 Corinthiens 5.12-13)
En l’évolution actuelle des milieux évangéliques, on observe exactement le contraire: c’est le bon qui est ôté et mis dehors. Cette constatation jette une autre lumière sur « l’état d’esprit d’un serviteur. »
Jour 35
Warren
« Gédéon était rempli de complexes, mais Dieu l’a transformé en vaillant héros. » (page 299)
Commentaire
Le texte français cache un problème de fond. L’original anglais dit : « La faiblesse de Gédéon révélait une sous estime de soi et de profondes insécurités. » Le complexe d’infériorité n’est pas une conception biblique. En réalité, la foi de Gédéon passait par une crise, un problème spirituel passager, non pas psychologique. Il se sentait abandonné. L’idée d’un complexe d’infériorité est empruntée une fois de plus à la psychologie et associe l’auteur au pasteur réformé libéral Robert Schuller, lui-même théologien et psychologue, auprès de qui l’auteur a étudié. Dans son livre Self-Esteem, Schuller dit que “l’estime de soi” est le plus grand besoin de l’être humain avec lequel l’homme se bat aujourd’hui. Evidemment, pour une telle idée, la Bible n’apporte aucun soutien, au contraire.
Jour 36
Warren
« Nous devons participer à la construction du Royaume avec Dieu. » (page 308)
Commentaire
Ce n’est pas du tout notre mission que de participer à cette construction. Nous sommes appelés à prêcher la venue du Royaume. A travers l’histoire de l’Eglise, tant de tentatives ont été faites pour construire le royaume de Dieu. Ceci est le point de vue de l’Eglise de Rome qui se prend pour le Royaume. Ces dernières années, un courant se croyant appelé à favoriser l’entrée du Royaume dans le monde, a vu le jour. Ce que l’auteur propose n’est pas évangélique mais néo-évangélique.
Warren
« La nuit vient où personne ne pourra travailler. » (page 309) (…) « Actuellement, il y a un nouvel intérêt pour le retour de Christ et la fin du monde. » (..) Mais, lorsque les disciples voulurent parler de prophéties, Jésus leur parla d’évangélisation. (…) L’auteur dit: « Accomplissez votre mission sans perdre de temps avec les prophéties. » (page 310)
Commentaire
C’est ici que l’auteur produit un grave court-circuit. A partir de Matthieu 24.3-51, le Seigneur donne un long exposé, très détaillé, de ce qui va se passer dans le futur. Pour commencer il dit: « Prenez garde que personne ne vous séduise. »
Ce qui veut dire que ce danger précis existe. Sinon, pourquoi le Seigneur aurait-il dit cela? Tout d’abord, Il nous avertit de la venue de faux prophètes et de l’accomplissement de grands miracles, « au point de séduire, s’il était possible, même les élus. Ce qui arriva du temps de Noé arrivera de même à l’avènement du Fils de l’homme. Et ils ne se doutèrent de rien, jusqu’à ce que le déluge vint et les emportât tous. » Faut-il passer à l’ordre du jour pour ne s’occuper que d’évangélisation et ignorer l’enseignement pénétrant du Seigneur? Le choix entre l’évangélisation et le retour de Jésus-Christ n’existe pas: ce n’est pas l’un ou l’autre, c’est l’un et l’autre. Le titre du livre est: Une Vie motivée par l’Essentiel. Ce sujet n’est-il pas essentiel pour le croyant?Il n’est pas juste de promouvoir l’évangélisation aux dépens du retour de Jésus Christ. L‘auteur n’est pas clair au sujet du royaume. Veut-il le construire et tout préparer pour que le Seigneur puisse alors venir, ou est-ce qu’à un moment imprévu, comme au temps de Noé, le Seigneur surprendra le monde pour mettre fin au chaos dans tous les domaines actuels? Voilà, sans spéculation malsaine, ce qui est essentiel à considérer.
Warren
L’auteur donne un témoignage de la mission confiée par son père. L’évangélisation est une grande et pressante priorité pour l’auteur (page 312).
Commentaire
Il ne s’agit pas simplement d’évangélisation. Quand on a évangélisé, le troupeau doit être nourri avec la Parole de Dieu. Deuxièmement, le berger est aussi responsable de sa protection. L’apôtre Pierre dit que « Satan rugit comme un lion, cherchant qui il pourra dévorer. » Lorsque David devait garder le troupeau de son père, il se voyait confronté avec un lion. Il avait toutes les raisons d‘avoir peur et de chercher un abri. Par contre, en parlant avec le roi Saül, il racontait,
« Ton serviteur faisait paître les brebis de son père. Et quand un lion ou un ours venait en enlever une du troupeau, je courrais après lui, je le frappais, et j’arrachais la brebis de sa gueule. S’il se dressait contre moi, je le saisissais par la gorge, je le frappais, et le tuais. »
(1 Samuël 17.34-35)
Voilà, au sens figuré, le service du serviteur auprès des croyants. En notre temps et culture actuels, il est de bon ton de s’asseoir àla table pour négocier avec l’adversaire et de parler aussi longtemps que l’on n’a pas trouvé un consensus avec lequel tout le monde peut vivre. Chacun a sa vérité qu’il faut respecter. Un tel niveau spirituel déplorable est atteint que beaucoup n’osent plus dire ce que dit la Parole. David n’a pas négocié avec l’ours ou le lion, mais il en a fini avec. Pour la protection du troupeau, le serviteur de Dieu est appelé à faire de même. S’il ne le fait pas, il est un mercenaire quiprend la fuite quand le loup arrive. Aujourd’hui, le loup ravisseur peut se présenter en costume trois pièces, déguisé comme les officiers mentionnés plus haut. Encore une fois, être de bonne foi est une qualité, être naïf est impardonnable. Il ne faut pas permettre au le loup de trouver un accès dans l’Eglise et que des brebis innocentes soient mises au dehors, comme cela s’est déjà produit maintes fois. . D’ailleurs, c’est une grave erreur de négliger les prophéties sur le retour de Christ. C’est vrai, personne ne sait ni le jour, ni l’heure. Toutefois, n’oublions pas que nous sommes 2000 ans plus près du retour de Christ qu’au moment où ses disciples en ont parlé avec le Seigneur. Dans certaines situations, que l’auteur ne semble pas (vouloir) connaître, des chrétiens sont expulsés de leur Eglise. En quelque sorte, la nuit est déjà tombée, dans laquelle ils ne peuvent pratiquement plus travailler. Les témoignages douloureux parlent d’eux-mêmes et sont déjà vécus aux Etats-Unis et en Europe.
Jour 37
Warren
« Communiquer le message de votre vie » ; « …le diable qui essaie de vous réduire au silence » (page 315)
Commentaire
Il s’agit d’une sorte d’intimidation difficile à définir. On peut parler de la pluie et du beau temps, et dans nos discussions, nous avons nos solutions toutes prêtes pour résoudre les problèmes mondiaux. Mais dès qu’il s’agit de donner un témoignage, il se produit quelque chose de particulier: on se sent bloqué. Le plus simple est alors de raconter ce qui s’est passé lors de la conversion. Toutefois, exprimer certaines impressions et expériences spirituelles n’est pas nécessairement facile non plus. L’auteur vit dans un contexte américain où on parle beaucoup plus facilement de Dieu qu’en Europe sécularisée. Déjà de par la mentalité, les Américains sont assez ouverts. D’ailleurs, il faut veiller au fait que ce qui est courant aux Etats-Unis ne l’est pas toujours en Europe. On ne peut pas d’emblée transférer ce qui est américain en Europe.
Jour 38
Warren
« Devenir un Chrétien influent dans le monde » (pages 323-324).
Commentaire
L’ouverture de ce chapitre se fait remarquer par quelques “sweeping statements”, c’est à dire que d’un seul trait de plume, l’auteur place les chrétiens en deux catégories: on est missionnaire ou visiteur de concerts. Dans cette présentation, l’auteur risque de provoquer un sentiment de culpabilité chez les uns et un sentiment de fierté chez les autres. En parlant des « chrétiens ordinaires » l’auteur suggère que ceux-ci « peuvent facilement s’engager dans des projets missionnaires à court terme. » Cela peut être vrai pour aux Etats-Unis, mais en Europe ce n’est pas du tout le cas. Le système courant du soutien financier par les églises en Amérique n’existe pas en Europe. Le sujet du royaume a été discuté dans Jour 36, page 308.
Jour 39
Warren
« Mener une vie équilibrée » (page 331).
Commentaire
Dans ce chapitre l’auteur « encourage à réunir un petit groupe d’amis et à former une cellule. Vous pourriez étudier un chapitre de ce livre par semaine. » Dans le passé, on a vu de tels groupes se former avec beaucoup d’enthousiasme et de bonne volonté. On se réunit dans une bonne ambiance, on partage, on prie ensemble. C’est ce qu’on appelle la communion fraternelle. Jusqu’ici, tout est dans la bonne ligne biblique. Mais à partir du moment où il s’agit d’étudier la Parole de Dieu, la difficulté se présente. On peut bien lire et discuter cette Parole, mais qui est capable d’enseigner et d’aider les autres pour avancer dans leur voyage spirituel? Maintes fois, on a constaté que l’un n’en sait pas plus que l’autre. Une telle réunion dégénère facilement en club social. Bien entendu, il n’existe aucun problème pour les chrétiens à se réunir et à passer de bons moments ensemble. Mais un groupe d’étude biblique demande autre chose. D’ailleurs il n’est pas question d’étudier la Parole de Dieu, mais le livre de Rick Warren!
Warren
« Etudiez vous-même la Bible. Je vous ai donné les références de plus de mille textes des Ecritures et vous pouvez les relire dans leur contexte. »
Commentaire
Pendant la lecture du présent livre, plusieurs fois les textes bibliques ont été arrachés de leur contexte pour prouver le point de vue de l’auteur, pas nécessairement celui de la Bible. L’auteur fait souvent appel à des opinions extérieures qui n’ont rien à voir avec la Bible. Le commentaire du pasteur évangélique gallois Peter Jeffery est d’après le texte anglais autorisé : « Car la loi a été donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus-Christ. » (Jean 1.17) La paraphrase The Living Bible, qu’utilise l’auteur 64 fois (voir page 3), dit: « Moïse ne nous donna que la loi avec ses exigences rigides et une justice sans merci, tandis que Jésus-Christ nous a apporté tout aussi bien le pardon avec amour. » Cette version a des ajouts qui ne sont pas bibliquement vrais. Moïse ne nous a pas simplement donné la loi, parce que Jésus a dit: “Il écrivit à mon sujet”
. La loi de l’Ancien Testament n’était certainement pas sans merci, mais parle de la miséricorde de Dieu à maints endroits. La Living Bible supprime la référence à Jésus apportant « la vérité. » Les paraphrases se lisent et se comprennent peut-être plus facilement. Mais, dit Jeffery, en aucune manière elles n’évitent leurs inadéquations.5
Conclusion
Arrivé au bout de l’analyse non-exhaustive du livre, la conclusion est qu’:
- on y trouve de bonnes explications bibliques ;
- on y trouve des interprétations qui sont injustement imposées à la Parole;
- on y trouve le souffle du panthéisme (Nouvel Age);
- on y trouve l’utilisation de versions et de paraphrases bibliques non fiables;
- on y trouve des points de vue non pas évangéliques mais néo-évangéliquessur la prophétie, sur le Royaume et sur l’ Eglise;
- on y trouve l’incertitude au sujet de la conversion;
- on y trouve le silence au sujet de l’appartenance à l’Eglise. On se rattache à une église locale, puis par un réveil à la Donald McGavran, on reçoit le baptême du Saint-Esprit, alors que, selon la compréhension évangélique, ce baptême est simultané avec la conversion et la nouvelle naissance;
- on y trouve une confusion au sujet de l’âme et de l’esprit;
- on y trouve un texte en français autre que le contenu de l’original anglais;
- on y trouve plus d’une fois un manque de respect pour la Déité;
- on y trouve un mysticisme oriental et catholique;
- on y trouve un manque d’équilibre au sujet des caractéristiques de Dieu: son amour mis en relief au détriment de sa sainteté. Dieu est aussi un feu dévorant;
- on y trouve la dynamique de groupe plutôt que la vie de l’église du Nouveau Testament. On s’adresse plutôt au groupe qu’au pasteur ou aux anciens;
- on y trouve un excellent exposé sur le rapport des sexes et la sexualité;
- on y trouve un manque d’attention pour la séduction;
- on y trouve indirectement le moyen de mettre à la porteles opposants ;
- on y trouve une mise en valeur beaucoup trop importante de la psychologie.
Une vie motivée parl’essentiel dans la pratique
Dans les Eglises où on suit les textes de l’auteur pour les mettre en pratique, plusieurs choses essentielles font défaut. Quand il s’agit de la vie spirituelle intérieure, on reçoit l’exemple des mystiques catholiques jugés dignes d’être imités. C’est un affront de voir les exemples illustres de l’histoire de l’Eglise Protestante absents. Des hommes et des femmes comme l’Anglais John Bunyan, le Chinois Watchman Nee, les Américains Hudson Taylor et Joni Erickson, le Roumain Josip Ton, le Russe Georgi Vins, la Néerlandaise Corrie ten Boom et la Française Marie Durand (Tour de Constance) et tant d’autres ont brillé et brillent encore par leur témoignage et leur exemple. Dans le livre étudié, ils brillent par leur absence. D’autre part, la prédication de la Parole dans le livre ne présente que l’aspect le plus sympathique de la vérité. Bien qu’il soit bon d’aider les gens dans leurs « besoins sentis » , leurs « besoin non-sentis » méritent la priorité. Le livre est silencieux sur le péché, la conversion et la nouvelle naissance, les temps de la fin, la grande apostasie et la séduction, dont le Seigneur a solennellement parlé. Le livre tait ces points. La mise à l’épreuve des esprits, essentielle de nos jours, fait complètement défaut. Il n’est pas inutile de répéter un texte déjà relevé:
« Bien aimés, n’ajoutez pas foi à tout esprit; mais éprouvez les esprits pour savoir s’ils sont de Dieu, car plusieurs faux prophètes sont venus dans le monde. »
(1 Jean 4.1)
Ensemble avec Actes 17.11, ces textes ne figurent pas une seule fois dans le livre parmi les 1000 références bibliques. De nombreux textes parlent de l’oppression du croyant que celui-ci subira. Sur le chemin du retour de son voyage missionnaire, l’apôtre Paul a encouragé mais aussi fait des rappels aux croyants dans les jeunes églises,
« fortifiant l’esprit des disciples, les exhortant à persévérer dans la foi, et disant que c’est par beaucoup de tribulations qu’il nous faut entrer dans le royaume de Dieu. »
(Actes 14.22)
Ce genre de textes bibliques est absent dans le livre. Quand on parle de ce qui est essentiel, n’est-il pas essentiel pour le nouveau croyant de savoirces choses ? Car celui qui veut vivre pieusement, dit l’apôtre, sera persécuté. Ils n’ont pas besoin de la rechercher, la tribulation vient toute seule. Evidemment, la persécution, toutes formes confondues, n’aura jamais le dernier mot. Mais il est irresponsable de taire cette réalité devant le croyant. S’il n’est pas au courant et qu’il est confronté avec ce problème, il ne comprendra pas ce qui lui arrive. Ceci appelle la parabole du semeur:
« Une autre partie (de la semence) tomba dans les endroits pierreux où elle n’avait pas beaucoup de terre; elle leva aussitôt, parce qu’elle ne trouva pas un sol profond; mais quand le soleil parut, elle fut brûlée et sécha, faute de racines. (…) Celui qui a reçu la semence dans les endroits pierreux, c’est celui qui entend la parole et la reçoit aussitôt avec joie; mais il n’a pas de racine en lui-même, il manque de persistance, et, dès que survient une tribulation ou une persécution à cause de la parole, il y trouve une occasion de chute. »
(Matthieu 13.5-6; 20-21)
Opposition
Un ami de l’auteur, Dan Southerland a écrit le livre Transitioning, Leading Your Church Through Change, [Conduisant votre Eglise à travers le Changement] (Grand Rapids, Michigan, Zondervan, 2000) Rick Warren a écrit la préface dans laquelle il fait d’enthousiastes éloges à l’auteur, disant que l’essentiel du livre de Southerland contient une simple stratégie biblique. Dans son livre, cet auteur réserve tout un chapitre sous le titre: « En finir avec l’Opposition. » Lors de la transition d’un modèle d’église à un autre, l’auteur prédit que « lors du changement, l’église se heurtera à l’opposition. Quand il y a opposition, tu dois faire un plan pour en finir avec elle! » dit-il. Trois cents personnes ont quitté son église. D’un air triomphant, il déclare que 2000 nouvelles personnes ont alors rejoint son église. Sûr de lui, il dit: « Lorsque tu as déterminé ta vision et maintenu le cap, c’est toi qui décides qui sortira. » C’est cela que l’auteur du livre étudié propage. C’est autant du business management que de la manipulation psychologique sous le manteau de références bibliques, que la transition de l’église soit forcée.
L’Histoire se répète
L’histoire enseigne que l’homme n’a jamais rien appris de ce qu’elle lui a enseigné. Pourquoi l’Eglise devrait-elle se démener fiévreusement pour l’évangélisation? Elle n’est pas prête pour cette tâche. L’Eglise du monde occidental correspond à l’église de Laodicée. Peut-être ne le dit-elle pas à haute voix, mais elle dit: « Je suis riche, je me suis enrichi et je n’ai besoin de rien. » Le Seigneur lui faisait dire:
« Et parce que tu ne sais pas que tu es malheureux, misérable, pauvre, aveugle et nu »
(Apocalypse 3:17a)
Quel est l’état de santé de l’Eglise actuelle? N’y trouve-t-on pas l’adultère, le divorce, toutes sortes de compromis et de concessions envers le monde pour être en paix avec lui? L’Eglise cherche à plaire à l’opinion publique, à être acceptablepar sa tolérance et sa compréhension pour les autres. Même si cela est contraire à la Parole de Dieu ? L’histoire se répète. « Entre 1762 et 1862, il y avait au moins 15 réveils remarquables dans le Pays de Galles. Pendant cette période, les chrétiens pensaient en termes de réveil. En cas de sécheresse spirituelle, les responsables des églises appelaient les croyants à la prière et à la repentance. Ils criaient vers Dieu pour une visitation du Saint-Esprit. Et les réveils venaient. L’an 1859 était la dernière année d’un grand réveil en Grande Bretagne. Remarquablement, c’était aussi l’année où Charles Darwin venait de publier son livre sur l’évolution. Les églises étaient dans la confusion et beaucoup de chrétiens commençaient se poser des questions sur la puissance surnaturelle de Dieu. L’obscurité spirituelle tomba sur eux. Au lieu d’imiter les générations précédentes pour s’attendre à une intervention de Dieu en réveil, ils ont commencé à chercher des réponses pour eux-mêmes. Ce fut le début de grandes campagnes d’évangélisation qui, jusqu’alors, étaient pratiquement inconnues. Certes, beaucoup de personnes se convertirent et trouvèrent une place dans l’Eglise, mais ce n’était pas une réponse à la sécheresse spirituelle. La deuxième moitié du 20e siècle vit un nombre inégalé de campagnes d’évangélisation en Grande Bretagne. Mais au début de ce 21e siècle, le pays est plus athée que jamais. La façon de penser des chrétiens a changé. Ils ne prient pas pour le réveil et ne l’attendent pas. On organise un comité, on invite un évangéliste et on organise une grande manœuvre publicitaire. Voilà, en grande mesure, la situation d’aujourd’hui5. » Ceci est le texte raccourci du pasteur gallois Peter Jeffery en 2004. Mais les développements ne s’arrêtent pas là, ils s’accélèrent plutôt. Et là, on en arrive à la pratique du contenu du livre analysé.
Le combat spirituel
La visite de plusieurs églises évangéliques dans différents pays révèle qu’un grand nombre de ces assemblées vit dans l’euphorie d’un faux réveil spirituel. Les églises visitées comptaient de nombreux membres ou étaient de tailles modestes. On assiste à un culte qui peut durer une heure et demie. De nombreuses activités s’y déroulent, mais il ne reste que dix minutes pour la Parole de Dieu. Aucun texte n’est lu: seuls quelques mots sont dits au sujet de l’adultère désapprouvé par la Parole de Dieu, et quelques réflexions sur l’hospitalité sont faites. Voilà toute la nourriture “solide” pour un auditoire de plus de trois cents personnes pour toute la semaine. Depuis des générations entières et successives, dans les territoires francophones, on chantait les cantiques « Sur les Ailes de la Foi. » Selon l’opinion de certains, ce recueil avait grand besoin d’être mis à jour. On introduisit alors « A Toi la Gloire » avec des hymnes connus et nouveaux. A peine une dizaine d’années plus tard, ce nouveau recueil ne fut plus satisfaisant à son tour et fut remplacé par le recueil charismatique « J’aime l’Eternel. » Dans des églises évangéliques,le fait que ces chants expriment des idées qui n’ont jamais été crues ou acceptées par les chrétiens évangéliques, ne semblent troubler que trop peu de personnes. Mais l’évolution ne s’arrête pas là: le projecteur a fait son entrée dans l’Eglise et, avec le texte, des chants bien plus charismatiques encore! Aujourd’hui, le texte est projeté, tant bien que mal, sur le mur. Posons-nous la questionen nous référant au culte pratiqué en Israël. Y a-t-il, dans la Parole de Dieu, une seule référence disant, qu’au cours de tout un millénaire, les psaumes s’étaient démodés et devaient être mis à jour pour la jeunesse? De surcroît, on est envahi par une succession de versions bibliques de telle sorte que l’on ne peut même plus lire et suivre ensemble la Parole de Dieu lors d’un culte. Y a-t-il une seule référence dans la Parole de Dieu qui permette de populariser le texte inspiré pour devenir acceptable au non-croyant? Quel est le problème? Quand on va à l’étranger, on s’efforce bien d’approfondir la langue du pays visité et on ne se plaint pas de ne pas comprendre le parler des habitants de ce pays. Est-ce trop demander que d’apprendre à comprendre la Parole de Dieu quand il s’agit de la vie éternelle? Comme au 19ème siècle, les chrétiens commencent à chercher les moyens de résoudre le problème de l’exode des églises. La sécularisation s’est accrue par le biais de l’évangélisation. Pire, elle s’est infiltrée dans les églises qui croient gagner la bataille avec l’or de l’Egypte. Comme Israël, l’Eglise est tombée dans le piège. Au Jour 15, l’histoire du Veau d’Or et des terribles conséquences ont déjà été expliquées. Aujourd’hui, l’Eglise fait de même: elle se sert du “butin du monde” pour construire un culte qui plaît aux gens. Quelles sont ces “richessesdu monde” ? La psychologie et le consensus. L’Eglise n’a pratiquement plus rien à dire dans le monde. Par contre, le monde a libre parole dans l’Eglise: musique moderne, comédie musicale, drame, dynamique de groupe, paraphrases de la Parole qui s’adaptent au goût de certains prédicateurs; ce sont les méthodes du business et du management. Et les assemblées grandissent. « Regardez comment le Seigneur nous bénit! Nous avons tant de nouveaux membres. » Celui qui ose s’opposer, même avec le discernement des esprits, don indispensable de Dieu, est considéré comme un esprit critique ou comme n’étant pas habité par l’amour de Dieu. Dans des cultes/réunions, on se donne à la louange pendant des temps infinis. Souvent même, les chants ont une théologie qui est en contradiction avec la Parole de Dieu, mais le chant à une mélodie qui plaît. On répète et on répète les mêmes paroles jusqu’à l’état hypnotique. Personne ne semble se rendre compte de ce qui se passe réellement. Une autre fois, le culte sera plus court parce qu’on se réunit avec les églises locales dans la paroisse catholique de St Thérèse pour une collation! Bien entendu, on se sert du cours Alpha, comme les catholiques, sans se rendre compte d’où il vient. Pour ceux qui ne savent pas: il vient de l’église anglicane charismatique Holy Trinity Brompton de Londres, où la bénédiction de Toronto avec ses extravagances faisait son atterrissage en Europe.
Naïveté déchirante
Combien d’âmes soupirent dans la situation actuelle: celle dans la société et celle dans les églises. On fait de son mieux: on travaille, on prie, on s’engage. Pendant toute la semaine, on entend tant de mauvaises nouvelles. Alors le dimanche, au culte, on veut être réconforté et encouragé. On ne veut pas y entendre quelque chose de négatif. A certains égards, cela signifie que l’on ne veut pas entendre la vérité de la Parole de Dieu. Il faut que tout soit positif. Dans la société refroidie, les mentalités se sont endurcies. Au culte on s’attend à une ambiance chaleureuse, on veut chanter des louanges qui expriment des sentiments profonds. Sans gène, on doit pouvoir lever les bras et direAmen ou Alléluia, ce qui ne se faisait jamais dans le passé. L’atmosphère est aujourd’hui de grande importance. Avec le contenu des cultes décrits plus haut, comment les chrétiens apprennent-ils à discerner le faux du vrai dans le domaine spiritueld’aujourd’hui? Pourquoi les avertissements du Seigneur Jésus en Matthieu 24 ne sont-ils pas discutés? Pourquoi ne prête-t-on pas attention aux avertissements de l’apôtre Paul quand celui-ci parle de la grande apostasie des derniers tempsen 2 Thessaloniciens 3 ? Cela ne nous concerne-t-il pas? N’est-ce pas pour maintenant? Pour quand alors et pour qui? Faut-il paniquer? Non, bien sûr, mais il faut avoir les deux pieds sur terre. La naïveté se généralise. Elle est déchirante. On est de bonne volonté, on veut le bien. Avec la grande publicité en tous genres dans le monde évangélique, on croit pouvoir surmonter la crise et on croit que le Royaume est en route. Le royaume, précisément, mais lequel? Le temps de l’Antéchrist s’approche à grands pas. Avec grande joie, de nombreux « évangéliques » se sont embarqués dans un grand paquebot pour le grand voyage de l’aventure. Ils sont en extase pour ce qui les attend sur l’autre rive: l’Egliseidéale dont ils ont rêvé. Naïvement, ils croient y construire le Royaume de Dieu, “ici et maintenant” (Voir Luc 18.8) Un spectateur sur le quai observe le paquebot qui quitte le port. Un nom sur la poupe du bateau: Le Titanic. Cela ne veut pas dire que ces croyants sont perdus, mais les objectifs qu’ils poursuivent feront naufrage. L’apôtre Paul a écrit qu’il y aura
« toutessortes de miracles, de signes et de prodiges mensongers, et avec toutes les séductions de l’iniquité pour ceux qui périssent parce qu’ils n‘ont pas reçu l’amour de la vérité pour être sauvés.Aussi Dieu leur envoie une puissance d’égarement pour qu’ils croient au mensonge. »
(2 Thessaloniciens 2.10-11)
Une question urgente, impossible à contourner,s’impose aujourd’hui : savoir discerner si tout ce qui nous submerge actuellement est une bénédiction venant de Dieu ou au contraire la séduction venant de l’Adversaire. Les chrétiens ne peuvent pas se permettre d’être naïfs dans le combat spirituel de la dernière heure de l’histoire. Alors, que faire?
Le Réveil
Il faut le vrai Réveil, pas un faux. Comment le recevoir? La Parole de Dieu nous l’enseigne, l’histoire de l’Eglise le confirme, les paroles du pasteur Jeffery, citées plus haut, en témoignent. Ce n’est pas le temps de lever les bras avec des cris de joie et des alléluias. C’est encore moins le temps de l’évangélisation avec les méthodes humaines décrites plus haut. Une évangélisation pour fairequoi: pour introduire des nouveau-nés dans une église malade et leur faire découvrir autant de divorces, autant de ceci… autant de cela…que dans le monde? Aujourd’hui, c’est avant tout le temps de fléchir les genoux avec des cris de douleur et des pleurs, le temps de s’humilier devant le Dieu trois fois saint, de Lui confesser nos péchés et les uns aux autres. Crier à Dieu pour le renouveau spirituel à l’intérieur de l’Eglise gravement malade. Après avoir purifié sa vie personnelle et après avoir mis la vie de l’Eglise en ordre, l’Esprit de Dieu ne tardera pas de remplir ses enfants et ne manquera pas de les préparer pour l’évangélisation avec un zèle spirituel puissant pour apporter Sa Parole au monde. Aujourd’hui, c’est le monde à l’envers. Il faut en finir avec le monde dans l’Eglise. Il est temps que l’Eglise est dans le monde. C’est ici le modèle biblique pour la croissance de l’Eglise. Depuis toujours!
1Kjos Ministries, Spirit-Led or Purpose-Driven?, Berit Kjos, Nov. 2003
2Jeffery, Peter. Evangelicals Then and Now. (Darlington, DL3 OPH, England: Evangelical Press, 2004) p. 25
3Wikipédia, Anaïs Nin(http://fr.wikipedia.org)
4St. Jean de la Croix, La Nuit obscure
5Jeffery, Evangelicals. pp. 26-27.
6ibid. pp. 111-114